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 A chaque industrie sa saison. A chaque saison une rupture, un événement, une innovation, une tendance. Et la nuit n’y échappe pas. L’année 2008 a été mouvementée. Retour en février 2008 ; exit le Tryptique. En quelques mois seulement, le Social Club est devenu une figure incontournable de la nuit parisienne avec une prog exemplaire. Un sans faute, remarqué surtout cet été. Le Chacha aussi a bien réussi son coup d’envoi — bien qu’étant assez m’as-tu-vu et un poil prétentieux. Ouverture stratégique pendant les travaux du Baron, ce petit club glamour tenu par l’équipe de l’Hôtel du Nord a bousculé le monopole jusqu'ici réservé à la Clique. C’est tout de même à cette dernière que revient la palme du « hype buzz » parfaitement maîtrisé ; l’art du bouche-à-oreille sélectif. Rappelons-nous la Demolition Party. Ou la fermeture du Paris Paris. Fermé, ouvert, personne ne le savait réellement pendant des semaines. Et encore, on peut se le demander bien que la hype l’ait déserté. Oui, bien sûr, c’est plus pareil. Alors que faire la nuit tombée ?
Dernière en date, la reprise du Régine, la fameuse institution de la rue de Ponthieu avec Jean Nipon aux commandes de la programmation. Verdict ? Difficile à dire après un passage éclair pour son troisième jour d’ouverture. Des têtes connues à l’entrée, une clientèle mi-pute à papa rue de Ponthieu mi-branchée Baron et la prog en cours est impressionnante. Un risque, on se souvient du Néo, quelques pas plus bas, qui n’a jamais réussi à insuffler un côté trash et underground aux paillettes. Ce qui est sûr, c’est que le Régine est assez grand pour accueillir le Paris Paris et le Baron. Et ce n’est pas un hasard.
Et ainsi continuera l’année pour les DJs, graphistes, pubeux, modeux... Mardi Chacha, mercredi Antisocial au Social Club et jeudi Régine. Peu d’incertitude. Fini les conversations mondaines. So what’s next ? La reprise de la Scala, la plus populaire des boîtes ringardes, par le VIP fera autant parler d’elle que l’ouverture du Bobino’s l’année dernière. On en parle quelques semaines et on l’oublie. Le Rex continuera à faire ce qu’il fait de mieux, la Flèche d’or, pour la troisième saison consécutive, hésite entre sa formule rock + électro ou un passage en tout électro et l’ouverture de l’International donne un nouveau souffle à Oberkampf. Du côté des mini clubs, qui contribuent à l’unicité parisienne, ça ne se bouscule pas trop. Chez Moune continue de se battre pour son indépendance vis-à-vis des nouveaux patrons (la Clique, encore !), Elegangz continue doucement au café Carmen et Lalternative attend le devis des travaux pour l’ouverture de sa salle arrière qui lui permettra d’accueillir plus de 300 personnes à la fois, et de monter à 105 décibels. Ouverture espérée le 1er janvier 2009.
Mais il manque un élément fondamental qui satisfera le cercle très fermé de la nuit, un cercle hautain mais particulièrement exigeant. Oui, les billets Easyjet pour se faire un panorama bar ou une Fabric une fois par mois. Mais c’est pas tout. On l’a vu écrit dans l’agenda MaSoiree il y a quelques mois « On déplore le manque d’innovation mais on reste posé, balai dans le cul à critiquer le set du DJ. On refuse le branché et on dédaigne le ringard. Et pendant ce temps on oublie ce pour quoi on est sorti. De s’amuser. Les Parisiens sortent mal et les touristes s’emmerdent. C’est pas un nouveau lieu qui nous manque. C’est une nouvelle dynamique qui ne nous fasse pas regretter de ne pas être à Londres ou Berlin la nuit tombée. » Cette dynamique justement provient de lieux inconnus, de nouvelles découvertes, de concepts. De soirées qui s’échangent d’une bouche vers une oreille. Et tout d’un coup, le hautain est prêt à mettre son égo de côté et à faire la queue pour rentrer. L’éphémère excite ; l’éphémère est attendu. La dimuschi mi-septembre a réussi à recréer une nuit d’amour et de joies, de sensations rarement retrouvées dans les clubs qu’on fréquente quotidiennement. Club Sandwhich malheureusement n’a pas sur gérer sa trop grande popularité… So what’s next ? On attend toujours avec impatience les We Love Art, la prochaine Dimuschi ou PLAY, dans des lieux toujours aussi alternatifs, atypiques et originaux. On se plaint d’un immobilisme parisien, on croit Paris petit, fermé mais on oublie d’aller à sa découverte. A venir, la soirée WOW du 10 octobre sous un pont et le lancement des soirées éphémères Die Nacht avant la fin 2008. On prédit une belle saison. Maintenant, à nous de jouer. Par Jérémie Feinblatt // Photo : RO.
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